ÉGLISES ET MONASTÈRES

 

Les nombreuses églises et monastères de Sifnos sont étroitement liés à l’histoire, la tradition architecturale et la vie sociale et religieuse de l’île.

Du point de vue historique, les Sifniotes ont profité des privilèges que leur ont accordés les sultans turcs relativement à la liberté d’expression de leur foi chrétienne. Ainsi en 1646, a été fondé l’Archevêché de Sifnos qui, outre Sifnos, englobait les îles d’Amorgos, Anafi, Astypalaia, Iraklia, Ios, Mykonos, Serifos, Sikinos et Folegandros.

Par la suite, les Sifniotes ont eu coutume de léguer leur patrimoine aux églises et monastères et d’assumer diverses obligations envers ceux-ci, comme la célébration de cérémonies (essentiellement des fêtes).

Le nombre des églises et monastères qui existent dans l’île témoigne de la tradition religieuse des Sifniotes. Ce nombre est plus grand que celui de toute autre île des Cyclades, en fonction de la superficie totale de l’île, et on a coutume de dire qu’ « à Sifnos il y a plus de 360 églises, une pour chaque jour de l’année ».

Parmi les églises et les monastères de Sifnos, beaucoup ont été classés monuments historiques et présentent un immense intérêt religieux et architectural. Des comités ecclésiastiques et des « fraternités » s’occupent de leur entretien, avec une persévérance admirable et un travail bien souvent bénévole, même alors que certains d’entre eux se trouvent dans des endroits non accessibles en véhicules automobiles.

Les églises paroissiales de Sifnos sont au nombre de huit : de Saint Spyridon (Agios Spiridon) à Apollonia, qui constitue la cathédrale de l’île, de la Vierge de Kochi (Panagia de Kochi) à Artemonas, des Taxiarques à Agios Loukas, de Saint Jean le Prodrome (Agios Ioannis Prodromos) à Pano Petali, de la Source de Vie (Zoodochos Pigi) à Kato Petali, de la Vierge de Miséricorde (Panagia Eleoussa) à Kastro, de Saint Nicolas (Agios Nikolaos) à Exabela et de Saint Georges (Agios Georgios) à Katavati.

Même si aucun monastère n’est plus en activité de nos jours, les monastères de Sifnos possèdent toujours une valeur historique et religieuse particulière :

Le monastère de Vrissiani à Exabela, l’un des plus grands de l’île, a été construit au 17e siècle et il est consacré à la Naissance de la Vierge. Il abrite aujourd’hui le Musée d’Art Ecclésiastique et les pièces qu’il détient comprennent des incunables, un Évangile de 1796, des reliquaires, des bannières, des instruments de culte, des vêtements sacerdotaux, des icônes, une chasuble d’un art exceptionnel, etc.

Le monastère du Prophète Élie le Haut (Prophitis Ilias Apsilos), au sommet de la montagne homonyme, la plus élevée de Sifnos (d’une altitude de 700 mètres environ), a été construit sur les ruines d’une citadelle antique. A droite du monastère se trouve la petite chapelle de Saint Élisée (Agios Elissaios).

Le monastère de [Saint Jean] Chrysostome à Kato Petali : Il s’agi d’un monastère historique situé à l’est du village, où, selon la tradition, a fonctionné la première école de l’île (probablement vers 1650). Ce monastère a abrité à partir de 1835 la célèbre École du Saint Sépulcre.

Le monastère de la Vierge de la Montagne (Panagia tou Vounou), à une distance de 500 mètres de la route Apollonia-Platis Gialos, possède une beauté architecturale particulière et dispose d’une vue magnifique sur le village, la plage de Platis Gialos et l’îlot de Kipriani situé en face. L’église a une multiple consécration – vouée à la Présentation de la Vierge, aux Saints Constantin et Hélène et à Saint Nicolas – et il semble qu’elle ait été construite au début du 19esiècle.

Le monastère de la Vierge des Firogia (Panagia de Firogia, 16e siècle), qui se trouve à la sortie sud du village de Katavati, sur la route menant à Vathi, au carrefour avec la route d’Apollonia. Il doit probablement son nom aux terres rouges qui se trouvaient dans la région, alors qu’auparavant séjournaient là pendant les mois d’hiver les moines de Saint Élie le Haut (Aï Nilias Apsilos). Le monastère a été restauré en 1978 par la Société Hellénique de l’Environnement et de la Culture et sa restauration a été récompensée par l’attribution du diplôme honorifique Europa Nostra.

Il existe des églises d’un aspect particulièrement éblouissant, en raison du « voisinage » de leur couleur toute blanche avec la Mer Égée, comme celle de la Vierge de Chrissopigi (Panagia de Chrissopigi), sainte patronne de Sifnos, dont l’histoire est liée à un ensemble de traditions et légendes religieuses et qui constitue un point de référence, non seulement pour les Sifniotes, mais aussi pour tous les Grecs orthodoxes. Ou encore la Vierge de Poulati (Panagia de Poulati), église privée construite en 1870, du côté Est de Sifnos, en contrebas d’Artemonas, l’église des Sept Martyrs (Eptamartyros) construite « sur la mer », au-dessous de la colline de Kastro, celle du Croix de Faros (Stavros de Faros, dans le village homonyme) et de Saint Sauveur (Agios Sostis) près des anciennes mines d’argent de Sifnos, qui sont réputées les plus anciennes au monde.

On peut visiter également de nombreuses églises dans chaque village de Sifnos :

À Exabela : les églises du « Vieux » Saint Nicolas (Agios Nikolaos), où se trouve le tombeau du poète Aristomenis Provelleggios, Saint Athanase (Agios Athanassios), Saint Dimitri (Agios Dimitrios), Saint Georges (Agios Georgios), Sainte Kyriaki (Agia Kiriaki), du Christ, de Sainte Barbara (Agia Varvara) et de la Vierge (Panagia), tandis qu’autour du village se trouvent les églises de Saint Stylianos (Agios Stilianos), de la Vierge de Straoodi (Panagia de Straoodi), de Saint Jean (Agios Ioannis) à Korakia, de Sainte Fotini (Agia Fotini), de Saint Georges (Agios Georgios) Mastichas, de Saint Tryphon (Agios Trifonas), de Sainte Anne (Agia Anna).

À Katavati : La Panagia Aggeloktisti (église de la Vierge « construite par les Anges »), église à trois nefs avec une coupole en forme de cône et des fresques, église qui, selon la tradition, avait été construite et servie par des Anges. A côté d’elle se trouve la chapelle de Saint Éleuthère (Agios Eleftherios). D’autres églises à Katavati sont celles de l’Evangelistria, des Quarante Martyrs (Agii Saranta), de Saint Georges (Agios Georgios), du Christ, de Saint Georges (Agios Georgios) Apelaïtis, du Prophète Élie le Bas (Prophitis Ilias Chamilos), de Saint Jean le Miséricordieux (Agios Ioannis Eleimon). Dans les faubourgs sud du village se trouve la pittoresque église de la Vierge de Koukkias (Panagia de Koukkias, Mirtidiotissa, 1614).

À Apollonia : la Vierge portant des géraniums (Panagia Ouranofora), les églises du Sauveur (Sostis), de la Croix (Stavros), du Taxiarche, de Saint Athanase (Agios Athanassios), du Christ, de Saint Sauveur (Agios Sostis), de Saint Antoine (Agios Antonios), de Saint Nicolas (Agios Nikolaos) à Pigi, de la Vierge de Baros (Panagia tou Barou), et dans la région d’Apollonia plus largement, les églises de Sainte Barbara (Agia Varvara), des Saints Apôtres (Agii Apostoloi), de la Rose Inflétrissable (Rodou Amarantou), de la Sainte Trinité (Agia Triada), de Saint Arthème (Agios Artemis) (qui a abrité la première école d’apprentissage mutuel et le premier lycée de la Sifnos libre), enfin l’ancien couvent de femmes de Saint Jean le Théologien (Agios Ioannis Theologos) à Mongou.

À Artemonas : la Vierge des Sables (Panagia tis Ammou), la Vierge de Bali (Panagia de Balis), Saint Pierre (Agios Petros), Saint Spyridon (Agios Spiridon) et Sainte Anne (Agia Anna).

À Agios Loukas : Saint Constantin (Agios Konstantinos), Saint Luc (Agios Loukas), Saint Georges le Maître (Agios Georgios Afentis), la Vierge des Bassins (Panagia tou Gournia), dont le nom dérive des creux qui se trouvaient dans le lit du fleuve et où les ménagères venaient laver leur linge. Dans cette église à double consécration, vouée à la Vierge et à Saint Nicolas, il existe des fresques dues au moine Agapios le Second, dont celle particulièrement intéressante du Cycle de Vie.

À Pano Petali : les églises de Saint Jean le Théologien (Agios Ioannis Theologos), de Saint Tryphon (Agios Trifonas), de Sainte Paraskevi (Agia Paraskevi), de Saint Georges de Patsana (Agios Georgios tis Patsanas) et de Saint Antypas (Agios Antipas, rattachée au Mont Athos, et où, au temps de la guerre d’indépendance, a fonctionné la première école préparatoire de Sifnos, fondée par Nicolas Chryssogelos).

À Kastro : les églises de Theoskepasti, de Saint Nicolas (Agios Nikolaos), de la Dormition de la Vierge, de Saint Jean le Prodrome (Agios Ioannis Prodromos), de Saint Jean le Théologien (Agios Ioannis Theologos), des Taxiarques, de Saint Georges du Rivage (Agios Georgios tou Gialou) dite aussi de Seralia, etc. Le nombre élevé des églises dans le village de Kastro est également démontré par l’existence d’un lieudit « Aux Nombreuses Églises ». A droite de l’entrée du village se trouvent les deux églises de Saint Stéphane (Agios Stephanos) et de Saint Jean le Kalyvitis (Agios Ioannis Kalivitis) où a fonctionné de 1687 à 1835 la célèbre École du Saint Sépulcre, également connue sous le nom d’« Université de l’Archipel ».

À Kato Petali : les églises de Saint Nikita (Agios Nikitas), de Saint Sauveur (Agios Sostis), de Saint Georges (Agios Georgios), de Sainte Paraskevi (Agia Paraskevi), de la Vierge aux Escaliers (Panagia ta Skalakia).

L’église de Saint Siméon (Agios Siméon) et de Saint Nilias (Saint Élie) de Troulaki (ou le Bas par opposition au Haut), qui dominait le golfe de Kamares, l’église de Saint André (Agios Andreas) sur la colline de la citadelle antique et celle de Saint Nikita (Agios Nikitas) à Selladi, l’église à double consécration de Saint Polycarpe (Agios Polikarpos) dans le golfe pittoresque de Cheronissos, l’église à deux nefs des Taxiarques à Vathi, les Saints Anargyres (Agii Anargiri) à Agia Marina de Kamares et sur la route d’Apollonia, la Viege de Toso Nero (Panagia de Toso Nero), l’église de la Vierge de Kipriani (Panagia de Kipriani) ou Kipriani sur l’îlôt de Kipriani qui remonte à la fin du 10e-11e siècle, la chapelle de Saint Charalambos (Agios Charalampos) sur le sentier reliant Glipho à Chrissopigi, Sainte Sophie (Agia Sophia) et Saint Georges le Karavostasis (Agios Georgios Karavostasis) à Platis Gialos, sont quelques-unes des églises qui méritent une visite, non seulement pour des motifs religieux mais aussi pour apprécier les nombreuses et diverses images de Sifnos.

Cela vaut la peine, enfin, de se promener dans la région de « Natura », afin de visiter des églises d’une beauté et d’une simplicité uniques, telles que celle du Monastère du Taxiarque de Skafi, la chapelle de Saint Eustache (Agios Stathis), l’église de Sainte Marina (Agia Marina) et de Saint Constantin (Agios Konstantinos) à Flambouros, la Vierge du Soleil (Panagia tou Iliou), les églises de Saint Jean (Agios Ioannis) de Mavro Chorio, de Saint Nicolas Aérinas (Agios Nikolaos), de Sainte Catherine la Kapfari (Agia Katerina Kapfari), de Saint Polycarpe (Agios Polikarpos) à Kalamitsi.

Source: sifnos.gr

Print Friendly